M A M I A L B . c o m



un des trails de 70 kms



La Saintélyon pour fermer la boucle




C'était la dernière, celle que j'avais gravé dans ma tête. Après bien sûr il y aura encore d'autres courses, mais qui seront des opportunités et non pas des rêves.

Le 1er problème qui se pose, pour la Saintélyon, c'est la gestion du temps... avant. Explication de texte : le départ de la course est à minuit. On doit libérer une chambre d'hôtel, en étant arrivé la veille, pour 11h le matin. Occuper alors son temps rationnellement en prévoyant des moments de repos complet, dur, dur !!!

Vers les 23h, Michèle et moi , on se pointe sur les lieux du départ, dans le parc des expos de Saint-Etienne qui ressemble alors à un vaste campement, à un espèce de souk, très sympa et avenant, pour ensuite rejoindre la ligne de départ à 0h très précises.

Les 1ers kms se passent bien, sur du bitume bien "propre" sous une température glaciale de moins 8°C. Pas chaud, chaud, mais c'est que le début !!! C'est vers le 6ème km que l'on quitte la route pour des chemins de campagne et le plat pour des côtes !!! Et maintenant ce sera comme ça sur pratiquement 60 bornes.

La cerise sur la gâteau, cette année, c'est cette foutue météo. La neige ! La glace ! Et aussi, à certains endroits, la boue !! La totale de chez totale. Un truc qu'ils n'avaient jamais connu depuis la création de cette course, en 1985. Ben, content ou pas, il a fallu faire avec. En fait, pour moi, c'était pas content du tout. Pour une fois j'espérais voir du beau bitume. Et bien nenni. Il a fallu cavaler sur de la neige poudreuse qui ne se tasse pratiquement pas. C'est comme courir sur du sable, les appuis sont fuyants et la débauche d'énergie est bien supérieure. Cette neige cache aussi les pièges et les chevilles se tordent.

Sur les coteaux exposés au soleil le samedi - si, si il y en a eu - la neige a fondu et le soir l'eau a ensuite... gelé ! Du coup, plaques de glace par ci, par là. Et "gadins" à la pelle ! Les descentes étaient entièrement verglacées et c'est à 0,0005 km/h qu'elles se négociaient. En s'agrippant aux branches, aux arbres, ou, comme certains, assis sur leur postérieur. Mais quelques uns dévalaient ces endroits comme des fusées ! Renseignements pris : ils étaient équipés de "chaînes" sous leurs godasses ! Si, si, ça existe !! En fait, les "habitués" de la Saintélyon se remarquaient au 1er coup d'oeil à leur allure sue ces revêtements. Les autres, comme moi, se sont essayés au patinage artistique aux figures non imposées, comme des triples axels sur un seul doigt de pieds, suivi d'une double boucle piquée et d'une réception ventrale, ou dorsale suivant l'élan, dans le talus. Heureusement, jamais de bobos. Pour certains, par contre, c'était pas pareil. Les urgences du coin ont, paraît-il, eu du boulot !!!

Malgré tout ça,le chemin s'est poursuivi, cahin-caha, mais dans l'ensemble ça allait. Un gros coup de mou vers les 35km kilo parce que, avec toute cette cochonnerie sue le circuit, je trouvais que ça n'avançait pas vite. Un ravitaillo et c'était reparti.

Au petit matin, j'ai commencé à avoir sommeil et j'aurais bien fait un p'tit quart d'heure vosgien !!!

Les derniers kilos se sont déroulés de manière bizarre. Vers le 40ème j'avais fait une estimation sur la durée restante et calculé l'heure possible d'arrivée, en gros 11h30, 11h40. Puis au fil des kilos, le temps s'est réduit et arrivé vers les 10 derniers, les 11h étaient jouables. A condition de ne pas rigoler. Et ben j'ai pas rigolé. Je crois que je suis allé au bout, tout en restant lucide et en bon état. Mais je me suis poussé aux fesses comme rarement, repoussant la fatigue. Résultat : à mon chrono, déclenché sur la ligne de départ et d'arrivée : 11h 00mn 3s. Les 3s sont dues à une mauvaise indication de l'arrivée. Après l'arche il y avait encore 30 m à faire pour passer devant le chrono !!! J'avais alors arrêté l'effort !!! Les cochons !!! Me faire ça !!!

Une anecdote : au détour d'un chemin, un écriteau "G R 7 ". "Ouah, comme chez nous" que j'ai crié. Mon voisin m'a demandé ce qui se passait "ce GR7 passe à côté de chez moi, sur mon terrain d'entraînement, près d'Epinal dans les Vosges" que je lui ai dit. "Et ben, on a au moins 1 point commun" que ce brave Auvergnat local m'a répondu.

Mon fan club : Michèle, ma moitié, a réussi le tour de force d'être sur plusieurs points du parcours malgré la neige, le froid et les petites routes locales. Elle avait les mains toutes rouges d'avoir applaudi les coureurs. Elle n'est pas sectaire dans les encouragements, tout le monde y a droit.

Les résultats : les organisateurs avaient annoncé le plein d'inscrits sur les différentes formules, c'est à dire 11000 coureurs et marcheurs. Pour la course "solo" de 68 bornes, ils indiquaient, dans le journal du coin, 6000 inscrits. Vu les conditions météos, quelques uns ont dû rester sagement devant la télé.

Au 1er ravitaillement il y avait 4800 classés, ce qui, avec quelques abandons - j'ai entendu un coureur raconter la fracture de la cheville de son copain - et surtout des non reconnus informatiques, ça peut faire 4900-5000 partants.

A l'arrivée, 4000 classés dans les temps impartis. Ce qui donne 20% d'abandons.

Mon classement : 3198 ème en 11h 03 mn 50 s (temps officiel); 44ème V3 H sur 73.

Commentaire : content du temps et du classement. Le temps peut être assez nettement amélioré avec de bonnes conditions météos et passer nettement sous la barre des 10h : pertes d'énergie dans la course et pas mal de temps dans les bouchons aux zones de sols verglacés sur des chemins enneigés très étroits. Quant au classement, les conditions étant les même pour tout le monde...

Commentaire sur le circuit : en temps normal, il doit être sympa, avec un dénivelé pas très important sur la longueur de la course. Enormément de sous-bois. Les côtes, c'est souvent des raidillons très pentus, mais pas excessivement longs. Le final, par contre, est mortel : arrivée à Lyon sur des quais tristes à mourir, et ce, sur une longueur qui semble interminable quand on est dans le gaz en fin de parcours.

Commentaire sur l'organisation : en gros peut mieux faire. Il faut prévoir, comme je l'avais fait, d'être en autonomie quasi complète avec camelbak, gels... Autrement trop de perte de temps pour des ravitaillements très spartiates.

Commentaire final : c'était ma première Saintélyon, mais aussi... ma dernière !!! Mais comme dit Michèle "tu dis toujours ça !"

des images de cette SaintéLyon    c'est ici    Survolez les photos avec la souris..