M A M I A L B . c o m



le Mont Blanc : pourquoi donc l'avoir tenté ?


Avec le groupe des Vosg’Patt, des coureurs du coin regroupés sous ce matricule, on a l’habitude de parcourir les chemins des forêts environnantes. Dont l’un qui, après quelques kilomètres d’une longue, longue montée, est barré d’une pancarte signalant : à droite « source de l’Avières », à gauche « lac de Bouzey ». Et ma blague favorite est de dire : "on monte en face et quand on voit la pancarte « Mont Blanc 5 km » on fait demi-tour !!!!" Un truc, à force éculé, qui ne fait plus rire que moi, quoi !! Lorsque l’on est sur du plat et que ça dure, c’est alors " quand on voit Brest 10 km, on fait demi-tour " Bidonnant non ?

Mais à force de dire ça, une idée a germé. Lentement. Mais la graine était là. Un mini reportage photos sur cette région a déclenché une tornade parmi les neurones valides et encore capables d’œuvrer à mon âge. L’impossible était programmé, restait plus qu’à ! Mont Blanc, attention, nous voilà ! Tes 4810m, même pas peur !

Le jour J : cette entreprise doit bénéficier d’un temps calme, sans pluie et donc… sans chutes de neige. Le 1er week-end d’août nous semblait optimum.

Le « deal »de l’affaire : dès que l’un d’entre nous ne se sentait plus en sécurité, on stoppait la progression et on redescendait. Le « on », c’était Michèle, ma moitié, qui s’est mis à la marche depuis un bon moment, et moi.

Et c’est parti !! un jeudi soir, après 18h, heure de fin de travail de Michèle. Arrivés à l’hôtel vers 23h30, en pleine nuit, après une interminable série de virages. Le matin, au réveil : surprise. Des montagnes et des montagnes, dont le Mont Blanc mais on ne le savait pas encore, baignées d’un soleil éclatant nous entouraient. Rien que pour ce spectacle, le déplacement était payé. Le reste sera cadeau. Et il le sera. Magnifique. Même si…

Le vendredi sera consacré au repérage des lieux, location des crampons, casque, chaussures ad’hoc, d’un harnais (ils font un paquet Mont Blanc, les futés).

La montée devait se faire en 2 jours : J1- monter au refuge de Tête Rousse, faire une pause et poursuivre pour arriver au refuge du Goûter à 3800m. J2 : lever à 1h du matin, montée au Mont Blanc et descente complète dans la foulée.

Le samedi matin, le tramway du Mont Blanc nous amène au pied du circuit… et y avait plus qu’à !! Et là ça grimpe. Ce n’est pas inhumain, c’est ce qu’on trouve dans les trails, mais là, c’est continuel. Et toujours des cailloux, des roches et des cailloux. Pas 100m de plat. Alors, un petit bout de descente, même pas en rêve. Michèle, un peu à court d’entrainement, amplifié par le manque d’oxygène dû à l’altitude, a commencé à peiner. Elle était assez fatiguée au Tête Rousse. A tel point que rien ne passait quand il a fallu se restaurer pour prendre des forces. Le plus sage était donc de rentrer. La partie jusqu’au Goûter était plus courte, mais aussi plus difficile avec le passage d’un défilé avec des chutes de pierres certaines, d’où le casque, et des orages annoncés en fin de journée. Pas de regrets pour avoir pris cette décision, surtout que dans le haut de notre périple on a subi un vent latéral assez violent qui nous déséquilibrait avec nos sacs à dos. Au refuge, des guides signalaient des chutes de neige au sommet du Mont Blanc. Alors…

Anecdote surprenante : en traversant le haut d’un glacier pour rejoindre le refuge de Tête Rousse, on a croisé un gugusse avec un immense sac à dos rempli à la va vite et… pieds nus dans des nus-pieds sur la neige. Et quand on se dit qu’il a dû faire l’ascension comme ça !!!!

Organisation de la tentative : des outils, comme internet, sont formidables pour aider à assurer la logistique. Mais ils ne sont qu’une aide. Une fois sur place, il faut souvent se creuser les méninges pour résoudre et s’adapter à ce qui n’était pas prévu. Mais ça fait aussi partie du charme de ce petit périple.

Conclusion : cette virée est à mettre sur le compte d’une reconnaissance. On y a détecté plusieurs points à modifier ou à améliorer et peut-être que l’année prochaine on réédite l’aventure. Peut-être. Mais on a passé un week-end fantastique. Fatiguant, mais fantastique. Donc aucun regret.

Le Mont Blanc, il se mérite

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