M A M I A L B . c o m



un des dix marathons



à Paris ça n'a pas été une sinécure




Pourtant j'avais essayé de mettre tous les atouts de mon côté. Après Florence, je savais que je pouvais courir durant 42,2 km. J'étais donc un peu rassuré sur ce point et j'avais moins les chocottes d'aller à Paris, surtout avec ceux de mon club. Restait maintenant à faire mieux en terme de chrono.

Grâce à internet et aux revues spécialisées, j'avais opté pour un plan d'entraînement sensé améliorer mes capacités, surtout en vélocité, mon point faible. Les forums traitant de ces sujets sont très instructifs, mais aussi très piégeurs. Les intervenants sont souvent beaucoup plus jeunes ou alors dans la course depuis des dizaines d'années. Mais à mon âge, mais si, mais si, on récupère nettement moins vite et les blessures, genre contractures ou tendinites, surviennent alors. C'est ce qui s'est produit. Résultat : 10 jours d'arrêt à 3 semaines du jour J et de l'heure H. Comble de déveine, j'ai attrapé une laryngite quelques jours avant la compétition. J'ai passé les nuits assis dans le canapé. En position couchée, c'était des quintes de toux à répétition assurées. Bonjour le repos !

Passons. Le moment du départ arrivé, on est tous là, au pied de l'Arc de Triomphe, un peu anxieux, un peu pressés de partir, assez concentrés. Par chance, il fait beau. Frisquet, mais beau. Peut-être même trop beau, du moins par la suite ! Au top du départ, que l'on perçoit au lointain, il ne se passe rien. C'est qu'il faut du temps pour ébranler 35000 pingouins. Et comme j'ai la fâcheuse tendance à être au fin fond de la file... Quand au temps, pas de soucis, on est chronométrés par puce électronique et le top de chacun est déclenché par son passage sur la ligne de départ. Idem à l'arrivée.

Descente des Champs Elysées, passage rue de Rivoli, jusque là c'est nickel. Je surprends la conversation de 2 gus, ils discutent, tout en courant, de philo !!!! C'était un peu surréaliste ! Bon, je les laisse à leurs palabres en les doublant et je continue mon chemin.

D'aucuns nous demandent si on ne s'ennuie pas. Que nenni. Déjà il y a la foule qui nous soutient, des coureurs déguisés qui nous font marrer, et puis je "m'ausculte" sans arrêt : tiens, un mollet qui se réveille, on ralentit, un petit coup de mou, on se restaure et on boit un coup. De temps en temps, on regarde son chrono, pour voir si on est dans l'allure, trop vite est c'est la cata plus tard, trop lentement et ce sont les objectifs qui s'envolent. Ca c'est au début. Ensuite, on gère suivant ses sensations. Des fois, on voudrait bien, mais on ne peut plus !!!

Gestion de la course : bon, 5 km, 10 km, 15 km, 21,1 km (le semi), ça roule (c'est le cas de le dire) assez bien. Mais maintenant, il commence à faire vraiment chaud. Exceptionnel pour une mi-avril en cette année 2007. Les tables de ravitaillement manquent d'eau et ça c'est dramatique. J'avais une petite bouteille avec moi, mais elle ne durerait pas tout le reste de la course. Les 25, 30, puis 35 km passent encore relativement bien. La moyenne a baissé, mais ce n'est pas dramatique. Le passage sous les tunnels, face à la tour Eiffel commence à peser, mais le plus dur commence peu après. Dans la partie du bois de Boulogne. Les 5 km les plus difficiles. Un long faux plat montant qui paraît être interminable, "himalayesque" !! A la sortie, Michèle m'attendait. Heureusement qu'elle m'a boosté. J'aurais terminé, mais en marchant ou en rampant. Le temps a été supérieur à celui de Florence, mais vu les conditions de préparation et de course, ça reste pour moi, finalement, un très, très bon souvenir. C'est une manière originale de visiter une capitale : 42,2 km dans ses rues, en long, en large, en travers !

Renseignement pris : il avait fait, sur les coups de midi, quelques 30 degrés ! Et dans la partie du bois de Boulogne, les pompiers avaient fort à faire pour soigner des coureurs en détresse physique. Ils ont même dû en réanimer quelques uns.

Passage de la ligne d'arrivée, et c'est oublié, du moins les souffrances. Médaille, maillot souvenir et petite discussion avec un Italien qui m'apprenait qu'il faisait 10 degrés de plus qu'à Milan !!! Même lui a été surpris de cette météo capricieuse.

On s'était tous donné rendez-vous sur une pelouse aux abords de l'arrivée. Etonnant : une demi heure après, toute trace de fatigue avait disparu des visages. C'était plutôt des sourires et des yeux pétillants qui prédominaient. Ca l'avait fait !!!! On l'avait fait !!!

des images de ce marathon     bientôt     Survolez les photos avec la souris..