M A M I A L B . c o m



un des dix marathons



New-York : un marathon mythique...



avant, pendant, après




New-York. Quel coureur n'a rêvé de fouler ses rues durant 42,2 km, d'être au milieu des 38000 (et des bricoles) partants et de franchir la ligne d'arrivée à Central Park. Bref, d'avoir pu être parmi les heureux bénéficiaires d'un dossard pour ce marathon mythique, l'un des 5 majors de la planète (avec Berlin et Londres pour l'Europe).

C'est un projet qui demande de l'anticipation, il faut en effet s'inscrire auprès d'un tour-operator agréé au moins 18 mois à l'avance. Le marathon n'est pas encore couru qu'il n'y a déjà plus de place pour le suivant !!! C'est fou, non !

La tirelire cassée - ça douille assez entre le voyage, l'hôtel et tout et tout - et en voiture Simone ! Le voyage sera raconté dans un autre chapitre, plus tard, peut-être sur un site perso. Mais là, on ne cause que du marathon.

Comme pour toute course importante, on stresse un max avant le départ, voir précédemment (le préambule). Et puis, s'il y a une course qu'il est interdit de rater, c'est à dire d'abandonner, c'est celle-là !

Il faut s'imaginer tous ces coureurs, répartis au petit matin sur un immense terrain militaire abritant des tentes, des coins cafés ou thés. Phantasmagorique !! <:p>

A l'heure du départ, chacun se présente à sa stalle en se demandant si c'est bien celle-là, et oui on ne maîtrise pas la langue nickel chrome, et on suit la foule en mouvement. Un bruit lointain, c'est le starter qui libère tout le monde. En fait, il y a 3 départs décalés de 10 mn pour limiter les bouchons. Pas de soucis pour le classement, on est équipé d'une puce électronique et des capteurs enregistrent les passages tout au long du circuit. Cela permet, miracle de l'informatique, de connaître le temps réel de chaque participant... et aussi de contrôler des fraudes éventuelles.

Le départ est donné et déjà un gros coup de mou. Il se déroule sur le pont de Verrazano, par une forte bise latérale qui glace tout le monde, tout au moins moi ! La 1ère partie de ce pont est en faux plat montant, c'est dire si, pour débuter, c'est pas l'idéal. Bon, je fait le gros dos et poursuit gentiment ma route en espérant un monde meilleur pour la suite. Et au bout de quelques kilomètre, le soleil est apparu !!! Et avec lui tous les espoirs.  Il en fallu 5 pour être un peu réchauffé, 10 pour ne plus avoir froid aux pieds ! Si, si, c'est la vérité.

Une fois passé ce passage délicat, je crois pouvoir dire que le reste n'a été qu'un rêve éveillé. Ce marathon a pour réputation de ne pas être facile, les grands champions mettent 3 à 4 mn de plus que celui de Berlin, alors moi !! Pourtant j'ai toujours couru à ma main, si l'on peut dire, prenant le temps de regarder autour de moi, de répondre aux encouragements des spectateurs, de toper les mains que tendaient les enfants et même de prendre une centaine de photos, comme ça, à la volée, sans m'arrêter. Le miracle de la qualité de mon appareil a fait qu'au moins la moitié est correcte !! Les photos de ce compte rendu en sont les témoins. C'est une course vécues en "live".

Le circuit : ce n'est pas une boucle qui part et arrive au même point, mais il emprunte une route passant dans les différents quartiers de la ville : Staten Island, Brooklyn, le Queens, le Bronx et Manhattan, avec, pour chacun ses spécificités. Brooklyn était très chaleureux, encourageant fortement les coureurs, puis le Bronx, dans la même veine avec des orchestres de jazz, des chorales de gospel dans une communauté assez "black". Des trucs vraiment sympa qui redonnent un bon coup de punch.

Par contre, dans le quartier "juif", là c'était le calme plat avec seulement quelques spectateurs, de plus assez indifférents. Il y avait plus de policiers pour la circulation ! Pas vraiment gênant, mais surprenant.

Le reste du parcours s'est déroulé dans une ferveur chaleureuse qui dopait et éloignait la fatigue et les bobos qui pointaient du côté des cuisses et des mollets. Un anesthésique des plus doux. A certains endroits, il ne restait qu'un couloir pour les coureurs, on se serait cru à une étape de montagne du tour de France. Assez grisant, ma fois.

Le plus dur; à part le départ : les 2 derniers miles dans Central Park, soit les 3 derniers kms. Ils paraissaient éternels, rallongés de plusieurs kms. Plus que la fatigue, c'était la lassitude qui primait. Tout à coup un panneau indique 400 pieds. Je commence à respirer. Puis un "Marno". Je regarde, c'était Michèle postée au 42ème km qui m'appelait. Elle était aussi à un autre endroit du circuit, vers le 16ème - 17ème mile. Il m'a semblé l'entendre, mais je ne l'ai pas vu. Mais, après, elle m'a confirmé tout ça, elle était à la sortie du pont de Queensboro. Après, elle a fait fissa pour rejoindre l'arrivée.

Tactique de course. J'ai appliqué ce qu'Agnès m'a enseigné : se contrôler dans les montées, se lâcher dans les descentes, assurer sur le plat. Alors ça, c'est super. En haut des côtes, on a gardé du jus et un rythme cardiaque assez bas pour, ensuite, avoir des forces pour foncer. C'est, là aussi, grisant de redoubler les rares qui vous sont passés devant et aussi doubler un bon nombre d'autres de coureurs. Ca remotive un max.

Le plus ennuyeux : remonter la 1ère avenue, longue d'un moins 4 miles, soit entre 6 et 7 km, en léger vallonné. On n'en voit pas le bout. On regarde devant et on aperçoit un immense ruban de coureurs aux couleurs bariolées, et en se retournant... pareil ! Une marée en mouvement. Pour ne pas sombrer dans la morosité, je me suis forcé à regarder par terre juste devant moi, en ne surveillant que les panneaux des miles. Un panneau de passé, un de moins à courir !! Au début, je les comptes dans le sens montant (un, deux, trois...) et après la mi-course, dans le sens décroisssant, (reste 13, douze, onze...). De voir les chiffres diminuer, ça redonne un coup de peps.

Le plus amusant : le tour-operator nous avait fourni un maillot tricolore avec un gros logo "France". Les spectateurs avertis nous offraient des "allez la Frannnnnce" sonores et joyeux. Un petit signe de main et un sourire pour les leur dire qu'on a apprécié.

La surprise du jour : alors que je satisfaisait à un petit besoin naturel contre un arbre dans un endroit qui semblait être à la fois une école et un complexe sportif, mais désert ce dimanche, un écureuil est venu à quelques 2 mètres de moi. Il ne m'a pas souhaité bonne chance, mais c'est tout comme. Il est resté juste le temps de la photo.

Résultat : malgré sa difficulté, j'ai amélioré d'une minute mon record personnel établi à Berlin tout en arrivant dans un état de fraicheur satisfaisant. On va pas se tuer quand même pour gagner quelques mn. En analysant les temps de passages, j'ai couru tout au long du circuit sur le même rythme, sans faiblir, même sur la fin, ce qui m'a agréablement surpris. Ce blog n'est pas fait pour étaler une litanie de temps ou de places. Juste là, en arrondi : 4h19mn et 19 000 ème. Pile poil au beau milieu du classement. Super pour un vétéran 3. Non ?

Le moins de la course : était au top, le circuit nickel, les postes de ravitaillements très nombreux, les spectateurs chaleureux mais les coureurs trop sérieux. Il a manqué ce grain de folie, cette décontraction des Anglais au marathon de Londres. Juste quelques déguisements, mais c'est tout. C'est à Londres que j'ai regretté de ne pas avoir eu un appareil photo et que m'est venue l'idée.

A voir, à entendre : forums qui traitent sur ce sujet sont unanimes : on ne court pas le marathon de New-York "pour faire un temps", mais pour vivre quelque chose d'exceptionnel. C'est vrai qu'on est tellement conquis par l'ambiance que, à certains moments, on en oublierait presque pourquoi on est là. Autre chose : même très loin de Manhattan, comme à Brooklyn ou dans le Queens, en tournant la tête, on aperçoit toujours plusieurs de ces gratte-ciels qui peuplent le centre névralgique de cette mégapole. Ils sont omniprésents. C'est ça aussi New-York, l'Amérique.

Sympa : une bénévole me voyant photographier la ligne d'arrivée, après l'avoir passée, s'est proposée de me prendre ( en photo, bien sûr) devant ce portique, avec un "congratulation" bien sympathique. Je lui aurais bien fait la bise, mais je ne suis pas sûr que là-bas ce soit apprécié !!

la course : Michèle et moi, on ne s'est pas vu, bien qu'étant dans le même endroit. Du coup, on est rentré, à pieds, à l'hôtel, chacun de son côté. Puis après une bonne douche, on est sorti dans Manhattan pour se trouver un resto américain avec hamburgers, frites et bières ! Faut bien récupérer, non ! Après ça, on était bien calés !

Le lendemain on a parcouru Manhattan de haut en bas et de bas en haut, et ça fait une sacrée paire de km pour une longue journée. Mais ça, c'est une autre histoire. A part dans les descentes d'escaliers, même pas de gènes pour marcher, pas de courbatures. Seule contrainte : ne pas cavaler trop vite, là je ne suivais pas. Faut pas exagérer quand même.

A quand la suite ? Elle est programmée dans ma tête. Mais où et quand !!! Un mystère entretenu, non pas pour se la jouer, mais par superstition. Quand les choses sont trop annoncées, c'est là qu'elles capotent. Du moins pour moi. Alors...

10/11/2008

des images de ce marathon     bientôt     Survolez les photos avec la souris..