M A M I A L B . c o m



Michèle : "son" marathon !!!!



Millau... pour commencer




Ce n'a jamais été un défi mais un truc lancé pour casser la routine du quotidien

Pourquoi faire courir Michèle ? Elle, qui ne courait pas, m'accompagnait en marchant lors de mes sorties autour d'un lac. Un jour, me retournant après avoir rejoint notre point de départ, je l'aperçus à quelques dizaines de mètres derrière moi arrivant en... courant !!! "Tiens, tiens" que je me suis dit. "Quelle cachotière ! "

Pourquoi une course ? Comme je commençais à m'ennuyer du train-train, je me suis mis dans la tête de faire une course pour mes 70 ans. Quelque peu en avance, mais qui sait si je pourrai encore courir dans quelques mois. Ce serait ma dernière course. Je sais, j'ai déjà dit ça il y a un peu plus d'un an... Mais quand le virus est là, il est difficile de l'éradiquer.

Pourquoi un marathon ? Après réflection, mes quelques neurones encore valides m'ont soufflé les 100 km de Millau... et Michèle ferait le marathon !!! Les 2 courses se déroulent sur le même site au même moment. Nickel quoi !!!!

Pourquoi Millau pour le marathon ? Ce marathon a, pour spécificité, de ne pas avoir de barrière horaire, contrairement à la plupart des marathons, ce barrières pouvant varier de 6h à 7h de course. Ne pas avoir cette épée sur la tête était un atout pour avoir, je l'espèrais, l'agrément de Michèle. Ouf !!

Cet agrément, je ne l'ai eu qu'à la condition que je sois à ses côtés. Deux secondes et demie de réflexion m'ont suffi pour accepter la demande.

Et puis, pour moi, une course aussi c'est l'occasion d'aller à la découverte d'un ailleurs, où qu'il soit. Ce qui explique les choix de mes compétitions.

La préparation

La 1ère sortie longue Les sorties longues se sont déroulées le dimanche matin. La 1ère a compté 14km. Pas facile, facile. Michèle a imprimé son rythme et ses passages à la marche quand elle le désirait. Le profil était plat, le chemin longeant un canal. Cette sortie s'est bien déroulée, malgré qu'elle avait eu l'impression d'avoir atteint ses limites et donc de ne jamais parcourir les 42 bornes et quelques.

le Cyrano, voilà la stratégie gagnante. Cette méthode de course, le Cyrano, consiste à courir un laps de temps déterminé à l'avance, et de marcher 1 ou 2 minutes puis reprendre la course et ainsi de suite.

Avantages de cette manière de faire : on sait lorsque l'on va pouvoir récupérer et après la période marche on repart plus vite. Le temps perdu est largement repris car il est mis à profit pour se ravitailler, boire, réajuster ses vêtements... ce qui change d'un marathon classique où on court en continu et, lorsque l'on commence à piocher, on alterne marche et course selon ses sensations et on termine avec de longues périodes de marche et de plus en plus courtes périodes de course avec un moral descendant dans les godasses, .

Pour les entrainements et la course on avait adopté le rythme : 13 mn de course, 2 mn de marche avec la possibilité, vers la fin, de le modifier en 12mn de course et 3 mn de marche. Ainsi on ne courait plus pour aller à l'arrivée, mais pour aller jusqu'à la prochaine marche. Et bien là, ça change tout !!!!

J'avais déjà envisagé cette méthode lors de mes courses, mais je n'ai jamais la rigueur de suivre à la lettre cette procédure et très vite j'étais perdu dans mes comptes. Michèle, pour suivre un protocole, elle est championne. C'était à la seconde près !!!! Notre réussite a été due à cette rigueur.

La suite de la préparation On a alterné 4 parcours, tous plats : 2 le long d'un canal, en partant soit à gauche, soit à droite, et 2, idem selon notre côté du départ, sur une voie ferroviaire transformée en piste cyclable. A chaque dimanche, on ajoutait 2km à l'aller et, par conséquent, 2km au retour. On était obligé de prendre le même chemin et non pas faire une boucle.

Bilan de cette préparation On avait donc débuté à 14km, pour arriver à 28km pour redesendre un peu les 2 dernières sorties. Surprise en analysant nos sorties : malgré l'augmentation du kilomètrage, la moyenne n'a jamais faibli. Elle même augmenté lors des sorties très longues. Ce qui a réconforté un peu Michèle mais sans totalement la rassurer, ce qui était normal.

Le plus de la prépa Au retour d'un entrainement, comme il n'était plus l'heure ni l'envie, de cuisiner, on "brunchait", chose que l'on fait, car on adore, quand on va voir la fifille à Montréal. Mais là-bas, on va au resto ! Et une bonne bière..., ou plus, était bien sûr au menu.

Le marathon

Quelques instants avant le départ En arrivant, la veille, sur Millau, nous avons pris possession de notre chambre dans un gîte situé à l'écart de la ville. Le calme le plus complet. Super.

Ensuite, direction Millau, pour y retirer les dossards. Chose faite, on s'est installé dans les gradins de cette salle de sport transformée en PC Course et on a attendu gentiment l'heure de déguster la traditionnelle "pasta-party". L'estomac repu, on est reparti dans notre gite pour la nuit.

Le jour "J", l'heure "H", la minute "M" : Coup de starter... que l'on a plus deviné qu'entendu, étant donné qu'on était au dernier rang du troupeau. C'est une chose qui m'est coutumière, sans le rechercher mais certainement par ma manie d'aimer voir les gens devant moi et non pas d'être enfermé.

C'est parti. On y va à notre rythme en essayant de n'être pas entrainés par des allures trop rapides adopteés par les autres. La route était encore très longue et notre objectif numéro 1 était de terminer. Alors...

Les 21 premiers km sont relativement plats et ils défilent en respectant notre plan de course : 8mn30 au km et 13mn de course et 2mn de marche. On ne s'attarde pas aux points de ravitaillements, juste un gobelet d'eau, le reste étant avec nous. En gros, des gels énergétiques que l'on a consommé avec modération car il nous semblé, lors des entrainements, qu'ils devenaient rapidement écoeurants, alors que des simples pâtes de fruits étaient beaucoup plus efficaces et plus agréables.

Le seconde partie de ce marathon était plus vallonnée et les 250m de dénivelé annoncés étaient là. Un dénivelé non anodin pour un marathon, les plus célèbres étant assez, sinon très, plats.

Vers les 30-35 km, coup de mou de Michèle. Elle n'a pas échappé pas au syndrome du "mur" de cette distance. Une petite pause, un petit ravitaillement et on passe au rythme de 12mn de course pour 3mn de marche. Et c'est reparti mon kiki !!!!

Un dernier point d'eau au 40ème et là Michèle lui prend des ailes. L'odeur de l'écurie ? L'envie d'en terminer au plus vite ? Essayer d'être sous les 6h, un coup d'oeil au chrono nous pouvant envisager de le réaliser ? Toujours est-il que ça n'a pas rigolé lors de ce final. A fond les manettes. On décoiffait les spectateurs ! Enfin... presque !

Résultat final On passe sous le chrono officiel après 5h56mn et des bricolles d'efforts !! Sous les 6h, temps même pas rêvé le matin même. Dans notre esprit le plus fou, 7h était notre meilleur objectif, 8h étant encore correct. Mais là.... Les larmes de Michèle étaient une délivrance et l'aboutissement d'une aventure à peine croyable 3 mois auparavant.

Le plus du résultat Après consultation des résultats détaillés, Michèle a constaté qu'elle était 4ème vétérane 3 sur 18 classées dans cette catégorie. Quant à moi, j'étais au milieu du classement des V3, pour ma dernière année dans cette catégorie.

Les anecdotes

La remontée fantastique Alors que l'on était quasiment dernier au départ, on a remonté, au fil de la course, une kirielle de coureurs. De quoi avoir le beaume au coeur ! Au final, ils étaient une centaine derrière nous à l'arrivée. Pas mal pour une néophyte en course à pieds.

L'effet amusant du Cyrano Comme on courait puis on marchait, on a fait du yo-yo avec une dizaine de coureurs: on les doublait en courant et ils repassaient devant lorsque l'on marchait. Ce yo-yo a duré la moitié de la course, ensuite soit ils étaient définitivement devant, mais aussi le plus souvent derrière !

L'étrange allure d'un coureur Quelques km après le départ, on aperçoit un gars lançant sa jambe gauche dans un grand mouvement circulaire. Une jambe dans une coquille. Etonnement de notre part de voir un gus blessé participer à cette course, d'autant plus qu'il avait un dossard des 100km. En fait, nous l'avons cotoyé un moment, il portait une prothèse !!! Incroyable. Double bravo : il a réalisé un chrono de 17h et quelques au terme de ses 100 bornes.

Le père d'un grand champion : Au départ, on a discuté avec un gars, sympa comme tout et qui nous a dit être le père d'un grand champion international de natation : Franck Esposito, participant à 4 jeux olympiques, et que lui même pratiquait assidument le VTT. Il a été tellement sympa, qu'à l'arrivée, il était derrière nous. Vraiment sympa le gars.

des images de ce marathon     à ce lien     Survolez les photos avec la souris..