le "road trip" d'une vie : de Montréal à ... Montréal
Nos nuits, pas toujours celles souhaitées !!!
Pour dormir, on avait le choix entre 3 solutions.
La 1ère était la plus simple : aller dans un terrain de camping, la seconde en pleine nature et enfin la dernière, l'hôtel.
La dernière était à éviter, surtout pour une histoire de coûts. Le camping était une bonne solution : on bénéficiait de toilettes, douches, électricité et une assurance d'être tranquille, sans craindre de devoir changer de place pour multiples raisons.
En fait, ce sont toujours les événements qui nous ont dicté la manière de passer la nuit.
Bilan de ces nuits :nous avons passé 31 nuits "dans la nature", 44 nuits dans un camping et 9 nuits dans un hôtel dictées lors de la panne de notre véhicule et de la location d'un autre véhicule non équipé pour le camping.
Comme nous n'avions jamais de programmes bien établis, on partait pour une étape et, vers les 18h, nous guettions les pancartes, sur le bord des routes, annonçant un camping (un campground ). Evidemment, dans ces cas un peu urgent, il n'y en avait jamais !! Et c'est en désespoir de cause que vers les 19h30, on se préoccupait de trouver un chemin où se poser.
Et on vous le donne en mille : le lendemain matin, quelques kms après le départ, qu'est-ce que l'on voyait sur le bord de la route ? Un campground !!! Mais qu'importe, on n'a jamais été perturbé dans nos nuits.
Mieux même. Ces haltes m'ont permis de faire les vidanges, tous les 10 000 bornes, de la titine qui nous trimballait.
Pour les vidanges, comme pour le reste lorsque nous mangions sur le bord de la route, c'est de faire zéro "trash", c'est à dire ne rien laisser derrière nous, zéro déchets.
Les campings : : on en a vu des très bien, des biens et des moins biens qui n'étaient rarement les plus bons marchés. Les campings font leur chiffre d'affaire sur les camping-cars résidant à l'année. On les reconnait à leur taille, celle d'un petit appartement et à leur environnement immédiat : fleurs, barbeuque, parasols... Ils sont branchés en direct sur l'eau et les évacuations. Ils sont autonomes, ce qui fait que les propriètaires du terrain ne font pas beaucoup d'efforts, certains aucun même, pour les parties toilettes et douches.
Les rares fois où on a glandé un peu on a été surpris de ne voir jamais personne, tous étaient dans leur caravane, avec la clim à fond et ne sortaient que quelques minutes la nuit tombée, à la fraîche. On avait l'impression d'être dans un camping de fantômes.
La caravane, un convoi à elle seule : il n'était pas rare de voir, sur la route, un pick-up équipé, dans leur "benne", d'une attache genre semi-remorque tractant une caravane à rallonge et une voiture munie d'un attelage ou une moto sur sa remorque et... nous doubler.
Anecdotes.
La plus savoureuse : on ne trouvait pas de camping, alors on a décidé de prendre, dans un gros village, une route menant à la forêt. Après une paire de kms, nous nous sentions assez à l'abri, on s'arrête et, comme toujours dans ces cas-là, avant de tout déballer, on prépare le diner. Dix minutes après notre arrêt, une voiture vient vers nous. Un homme nous questionne gentiment. Tout aussi gentiment on lui répond que l'on va manger puis se coucher. A ce moment, il nous dit que nous sommes au milieu d'une réserve indienne et que l'on ne peut pas rester là, mais que vers la route nationale il y a un terrain de camping où nous pourrions nous installer. Venant de par là, on n'avait rien vu, mais on se dit qu"on va y retourner et voir.
Effectivement, il n'y avait rien sinon une espèce d'arène au milieu d'une place. On décide de s'installer, comme il nous avait été dit, du moins comme on l'avait compris. S'en est suivi un ballet de voitures accompagné de conciliabules à quelques centaines de mètres, puis plus rien. On y a dormi. Et bien. Et le lendemain matin, tranquillement, nous sommes parti !
Pas assez bien ! on est arrivé, un après-midi, à l'entrée d'un terrain de camping où n'étaient stationnées que des caravanes et des camping-cars qui pouvaient contenir une piscine et un terrain de tennis. C'est dire de l'ambiance. En parlant de terrain de tennis, c'est dans la parfaite tenue d'un ancien joueur de ce sport que le proprio, vêtu d'un short et d'un maillot blanc et présentant beau, est apparu. En faisant la moue en voyant notre véhicule et en prononçant 2 mots à l'adresse de son accompagnateur qui nous a alors dit que, désolé, notre véhicule ayant plus de 30 ans d'âge ne pouvait pas être accepté. C'est plutôt la rouille qui l'a rebuté ! On s'est pas démonté et avec le sourire on lui a demandé une autre adresse. En définitive, on a trouvé ailleurs. C'était la seule fois où nous étions persona non grata à cause de notre tracteur.
Les Walmart : Plusieurs fois nous avons utilisé le parking d'une grand surface, Walmart, pour y passer la nuit. Certains étant ouverts 24h/24h, noius pouvions bénéficier de leurs toilettes et aussi du Wi-Fi.
Les hôtels : le 1er c'était un 4 étoiles, le Palms de Las Vegas, une chambre munie d'un lit "kig size", d'un salon avec fauteuils et 2 télés, d'une baigoire à remous pour la somme de 60$ soit 55 € !! En effet en semaine les chambres sont bradées pour attirer les gens à jouer dans leurs casinos. Comme c'était la 1ère nuit depuis 2 mois que l'on dormait dans un lit, on a sacrément apprécié.
Nous avons dormi 3 autres nuits dans 3 autres hôtels de La Végas, des 3 étoiles, toujours pour le même prix. C'est aussi l'avantage de réserver par internet en passant par des sites spécialisés.
Le Russo-Ukrainien : on était entre Los Angelès, que nous avions quitté un peu tard, et San Diego et on ne trouvait pas de camping ni d'endroit où nous poser. On désespérait quand on a vu une pancarte "campground". On souffle enfin et on y va. Hélas l'entrée était fermée; on avait passé l'heure. On décide de s'installer sur le côté pour ne pas gêner et on se prépare à manger. Un bruit de véhicule nous fait lever la tête : un fourgon se gare devant nous. Peu après, un gars en descend. Je sors de notre titine et vais vers lui. Il me dit qu'il reste là pour la nuit et que je n'ai qu'à faire comme lui. Je lui demande d'où il vient, "je suis russe" qu'il me répond, "pas russe mais Ukrainien". "Ouahhh, mais c'est la guerre chez vous " Ou il a pas trop compris mon anglais à l'accent vosgien ou il n'a pas apprécié ma remarque. Son épouse, qui était sorti, a pris un air désolé. J'étais peut-être tombé sur un Ukrainien pro-russe .
Le lendemain matin, gros tambourinage sur la tôle de notre véhicule : le responsable du camping nous demandait gentiement de partir.
L'hôtel à El Paso : on a vu, sur internet; un hôtel bien classé pour 26 $ petit déjeuner compris !!! On s'est dit qu'on risquait pas grand chose de tenter l'affaire, c'était même pas le prix d'un camping. Une fois prêt à y aller, on affiche l'adresse sur le GPS qui ne la trouve pas. Après une recherche, on s'aperçoit que l'hôtel était... au Mexique !!!! La ville, sur la frontière, est à cheval sur les 2 pays. En voiture de location, le contrat excluait la sortie des USA. Dommage. Du coup, il était trop tard pour trouver autre chose, on a alors dormi dans la voiture.