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Un dernier 100km pour effacer des regrets



L'année dernière, en 2009, j'avais couru les 100 bornes de Millau. J'étais bien content de les avoir terminés. Mais avec le recul, il restait quelques regrets : celui de l'avoir fait qu'à moitié. Explications : le sentiment d'être arrivé fatigué suite à une préparation trop lourde, une gestion de l'alimentation non adéquate, des ravitaillements trop longs et une douleur à un genou, vers le 65ème kilomètre, qui m'a obligé à marcher un bon bout de temps. D'où l'idée de refaire cette course en tenant compte de tout ça.

Donc, samedi matin 10h, le top du départ. Début cool, d'autant qu'il fait froid, vers les 8°C. Les 21km se déroulent pas mal, 2h30mn, pile poil dans les temps, même un chouia mieux. Michèle est là, 100m ensemble, et c'est reparti. La seconde partie de la boucle "marathon" est plus morne, plus vallonnée, avec de belles montées avec un vent de face assez froid. Je me surprend, quand même, à côtoyer la meneuse d'allure des 13 h !!!! Et qui me confirme qu'elle est dans son bon tempo. Bon, mais ça ne va pas durer. Petit à petit elle s'éloigne et surtout je ne cherche pas à la suivre.

Le marathon est bouclé en 5h02mn, là aussi dans mes prévisions, à 2mn près !!!. Une revue de paquetage : changement de maillot, recharge de gels et boissons, ravitaillement plus copieux, et hop, c'est reparti. Le contrôle indique 5h et presque 13mn.

Grâce à cette halte plus brêve, je repars en assez bonne forme, mieux que l'année dernière où j'avais les muscles durs comme du béton.

La première grosse difficulté, la montée du viaduc, environ 150 m de dénivelé, se passe assez bien, alternance de course et marche, sauf dans le dernier km où la pente est sévère et un vent de face présent. Le sommet correspond au 50ème km.

Muis descente. Là ça va. Ensuite un long faux plat montant, 7km, géré sans trop de mal. Mais une douleur au genou apparaît, comme celle de l'année dernière. Une idée : remonter mes manchons de compression BV SPORT pour qu'ils viennent recouvir mes genoux. Et là, miracle, c'est nettement mieux. Content, que je suis !

La montée du col de Tiergues est longue, 5km dans un sens, 7 dans l'autre et... raide, genre 300m de dénivelé. Donc alternance de course et marche avec uniquement de la marche vers le sommet. Ensuite une longue descente sur Sainte Affrique, arrivée des 70km. Dans la salle des fêtes, comme à la fin du circuit marathon, changement de maillot, pour un plus chaud, il fait de plus en plus froid, d'un coupe-vent, d'une frontale, un gros ravitaillement composé de soupe (si, si... et elle était la bienvenue, le goût sucré devenant de plus en plus intolérable) et départ pour le retour par le même chemin mais dans l'autre sens.

Le col de Tiergues est monté pratiquement en marchant, là je commençais vraiment à fatiguer, ensuite la longue descente, la montée du viaduc, et enfin les 8 derniers kilométres comme je pouvais. Je croyais être à fond, dans une descente, et en regardant mon GPS, je tournais à... 6km/h. A peine plus vite qu'un bon marcheur !!! Qu'importe, l'odeur de l'écurie me donne toujours des forces.

Au ravito du 85ème je me laisse tenter à boire une bière. Elle était présente depuis longtemps sur les étals, comme le coca, mais je n'avais jamais osé. C'est un bénévole du stand qui m'a influencé. Je ne sais pas si c'était bien mais c'était pas mal !!! Alors !

Les derniers mètres. Michèle, qui m'a suivi comme elle le fait d'habitude en faisant de grands détours sur des routes étroites et sinueuses pour cause de routes coupées, m'attend et c'est ensemble que l'on se présente sur le podium !!!! YESSSSSS...

Bilan de l'affaire : les chronos cités sont officiels, ce sont des temps intermédiaires pris par l'organisation. En 2010 : boucle du marathon : 5h 12mn 50s, temps pris à la sortie du ravitaillement ; (5h 29mn 38 s en 2009) ; au 70ème km : 09h 28mn 36s, temps pris à l'entrée du ravitaillement (10h 16mn 13s en 2009) ; et temps final : 14h 30mn 45 s.(15h 50mn 46s en 2009).

Classements : en 2010 au marathon : 1045ème (1276ème en 2009), 960ème au 70km (1079ème en 2009) et 926ème au final (1050ème en 2009) pour un nombre d'inscrits quasiment identiques sur ces 2 années, un peu plus de 1600 et 50ème V3 sur 113.

Après course : un dernier 100km pour effacer des regrets après l'arrivée, c'était très dur. Le repas pris ensuite était le bienvenu, seul l'estomac n'était pas prêt à travailler et c'était limite qu'il se mette en grêve. Mais, bon, il s'est montré conciliant par la suite.

Le lendemain la marche était délicate mais sans trop de souffrances et le lundi encore des courbatures mais dans l'ensemble pas plus qu'un marathon ou un gros trail.

Bonne surprise : une chaleur inquiètante au niveau des orteils me laissait présager de quelques ampoules bien mûres, et bien rien du tout. Juste un peu rouge et des ongles qui se retournaient un peu. Un détail.

En résumé : un dernier 100km pour effacer des regrets : si 2009 m'en avait laissé, cette course là non. Je l'ai faite comme je l'avais rêvée en piochant dans mes réserves, en courant de bout en bout (sauf dans les grands dénivelés, comme pour un trail) et en gagnant 1h 20mn sur 2009 et 124 places. Du coup, et bien je ne... la recommencerais plus.

Des photos en suivant ce lien    100 kms de 2010    Survolez les photos avec la souris..