Des photos en suivant ce lien 100 km de Millau Survolez les photos avec la souris..
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M A M I A L B . c o m Eh ouais !!! Je l'ai rêvé, je l'ai fait !!!! Bon, au départ, je pensais plus à me faire un pronostic sur le moment de mon abandon. C'est pour cette raison que je n'avais rien dit à personne. Je ne faisais vraiment pas le malin. Je m'étais dit, la distance du marathon, c'est jouable. Aller au 55ème km, faisable. Après..... inch allah !!! Au début du début :la préparation spécifique pour cette aventure n'a pas différé de celle d'un marathon, si ce n'est que que les séances longues étaient un peu plus longues (étonnant non !!!), avec un temps maxi de 4h. Il s'agissait de jongler entre un entraînement sérieux et la blessure, genre contracture, tendinite, aponévrose... Vu mon âge !!! Deux temps forts dans cette prépa : la course ces Charbonniers de Saint Maurice constituée de 10 km de montée et la même chose en descente. Ensuite, 15 jours plus tard, les Crêtes Vosgiennes. Un trail de 33km d'enfer sur le GR5, avec un départ au Markstein, arrivée au col du Calvaire à Blancrupt, en passant par le Hohneck, la Schlucht.... En fait, la participation à ces 2 courses n'avait pas été préméditée. La 1ère, c'était sur un coup de tête le matin même pour voir, la seconde, une envie datant de l'année précédente après avoir couru les mini-crêtes, soit 13 km. Un regret, une sortie de 2 heures, 2 semaines avant le jour "J" qui était certainement de trop. La moitié, à ce moment là de la préparation aurait été suffisante. Cela a dû me pénaliser par la suite. La suite du début: le jeudi précédent la course, départ pour Millau suivant l'itinéraire préconisé par le site ViaMichelin. Voyage sans histoire, on était pas pressé, on était, Michèle et moi, cool. Hôtel nickel-chrome, une réservation tardive nous ayant obligé de "taper" dans le haut de gamme, un genre motel avec une vue imprenable sur Millau et son fameux viaduc. Le lendemain, une visite de la ville, pas bien grande, il est vrai, genre Epinal, et des environs. Le soir, direction le gymnase du coin pour récupérer le dossard, le paquet cadeau et ensuite, participer à la "pasta-party". Un repas animé, coloré et chaleureux. Un bon moment, et plus sans stress particulier. Le parcours : les Causses, c'est un peu comme les Vosges, il n'y a que très rarement du plat. Ca monte dur, ça descend dur, c'est plein de faux-plats... et puis c'est tout !!! La 1ère partie de la course est la plus facile. Les 100 bornards empruntent le circuit des marathoniens qui partent en même temps. Les 2 courses se chevauchent. Pour reconnaître qui fait quoi, les coureurs des 100 km ont un gros liseré jaune fluo sur leur dossard. Evidemment, les marathoniens sont devant. Enfin, en principe !!! Le circuit est vallonné, sans grosses difficultés mais pas une sinécure quand même. La seconde partie est un aller retour à Sainte Affrique, soit 2 fois 30 km avec un passage sous le fameux viaduc. Et là !!! Ouh là, là. Pour du dénivelé, il y a du dénivelé. Deux énormes montées, longues comme un jour sans pain, à "escalader" deux fois. La météo : on est partis à 10h sous un soleil qui montrait déjà son nez, mais avec une température idéale : ni trop chaud, ni trop froid. C'est ensuite que les choses se sont un peu gâtées. Vers midi, le soleil était bien haut dans le ciel et le thermomètre a bien grimpé. Un petit vent frais était le bienvenu. Mais dans l'après-midi, dans la vallée vers Sainte Affrique, c'était la fournaise, le macadam renvoyant la chaleur et accentuant les difficultés. Tout le monde y a laissé des plumes, les chronos des premiers reflètent cet état de fait. Les objectifs : en fait, il n'y en avait qu'un : essayer de terminer. Dans ma tête je ne me voyait pas trop aller au bout. Mais on a quand même 2 neurones qui disent que tout compte fait si ça le faisait, un temps de 15 ou 16h se serait une sorte de cerise sur le gâteau, un cadeau du ciel. le marathon : comme tous les départs, les gens démarrent en trombe. C'est toujours comme ça. Depuis le temps, j'ai appris à me contrôler pour ne pas céder à la tentation de la majorité du groupe. Donc c'est sur une allure sage que j'ai entamé cette partie du long périple qui m'attendait. Suivant mon plan, il devait se faire en 5h30. Donc cool. La première partie était sympa, la route longeait le Tarn et la paysage attrayant. Après avoir traversé un bled "planté" sur un raidillon assez sévère et pris le chemin du retour vers Millau, le parcours était devenu moins agréable, plus vallonné, plus usant. Malgré tout, la moyenne était maintenue et c'est en 5h10mn que cette partie a été effectuée. C'est dans ce village que Michèle m'a encouragé pour la 1ère fois sur le parcours. Anecdote sur cette partie : de nombreux cyclistes se sont invités sur le circuit. Une jeune femme me double dans une descente de la partie la plus vallonnée. Je la redouble dans la montée, mais elle m'avait un peu énervé, alors je lui ai dit "ça mouline, ça mouline, mettez la 2ème !!". Je ne l'ai plus revue ! le ravitaillement à Millau : à la fin du marathon on repassait par le point de départ avec un contrôle. Là aussi Michèle était présente. J'en ai profité pour changer de maillot, qui était trempé de sueur, me restaurer copieusement. Il y régnait une ambiance chaleureuse que l'on avait tendance à vouloir prolonger. J'y suis effectivement resté un peu trop longtemps, j'en suis parti à 5h40 du départ (le chrono continuait à courir, lui !!!). Mais alors que les premiers kilomètres furent difficiles. Des douleurs partout, des muscles tétanisés. Une petite envie d'en rester là. "Allez, je vais jusqu'au 50ème km et on verra " que je me suis dit. Millau - Saint Affrique : après un départ douloureux, les muscles-tendons-articulations se sont mis à refonctionner correctement. Du coup, le moral s'est mis à la hausse. Le passage au 50ème km, juste sous le viaduc de Millau, après une longue montée en plusieurs étapes suivie d'un final très raide de l'ordre de 8%, a donné du baume au coeur et de l'énergie pour une longue descente. Descendre, c'est facile... en vélo. A pieds, il faut lever les jambes. Et encaisser les chocs des talons sur le bitume. Tuant pour les articulations. Le ravitaillement du 55 ème km : il était situé dans la petite salle des fêtes d'un village. Dès l'entrée, cela avait un air d'hôpital de campagne. Il y flottait une odeur caractéristique de pommade pour les muscles et des gens allongés sur des bancs se massaient ou de se faisaient masser. Malgré tout c'était dans la bonne humeur même si certains d'entre-eux ne repartiront pas, ou alors pour pas longtemps. Là, le ravitaillement a été assez express, le temps quand même d'avaler quelques bananes séchées, mon aliment chouchou ce jour là, un gobelet d'eau et hop, au "charbon" !!! Jusqu'au 60ème : le rythme a été selon les prévisions optimistes. Après ça a commencé à se gâter un peu. Une longue montée, préambule à la côte de Tiègues, a mis l'articulation de mon genou droit à mal. C'est contraint que la marche rapide a été alors mon allure. Une punition pas si pénalisante que cela ; à cet endroit, et jusqu'en haut de Tiègues, il n'y avait pas grand écart de temps entre ceux qui marchaient et, rares, ceux qui couraient. La fatigue et le dénivelé important en étaient les raisons. Michèle était dans le haut de Tiègues pour m'encourager. La longue descente Sur Sainte Affrique n'a pas été une sinécure non plus, le genou droit posant toujours des problèmes. Ravitaillement à Saint-Affrique : les derniers 500 mètres dans Saint Affrique ont paru long, mais long... Ce ravitaillement là, je l'attendais depuis un moment, j'avais vraiment envie de récupérer un peu. Il a duré une vingtaine de minutes, mais je l'ai apprécié. Au menu, si on peut dire, les bénévoles proposaient du potage. Chic !!! Il était le bienvenu, pour se réchauffer, il commençait à faire nuit, et puis pour couper de tous les aliments sucrés que j'avais jusque là ingurgité. Il y avait aussi des sandwichs au jambon, au fromage et puis aussi du chocolat, des gâteaux... Une sélection assez variée. Comme un goinfre, pendant 5 minutes, j'ai mangé de tout, du salé, du sacré, dans n'importe quel ordre, bu du potage, du café et du thé avec un peu de coca cola (il paraît que c'était une boisson recommandée, tout comme un peu de bière, mais ça, j'ai pas osé !!!). Ensuite, re-strip-tease pour enfiler des vêtements plus chauds pour la nuit et puis s'équiper d'une lampe frontale (obligatoire) pour voir, mais aussi être vu. Et départ pour le retour. Retour à Millau : en quittant Saint-Affrique, là je me suis dit "en rampant, sur une jambe, sur les mains, n'importe comment, mais je fait le retour et je pointe dans les délais". Et c'est ce que j'ai fait. On retrouve, en doublant ou en étant doublé, des compagnons de galère avec qui on échange quelques mots, on chemine quelques km ensemble, on partage des impressions et des encouragements. Pour le retour, Michèle a été plus présente, m'attendant à chaque ravitaillement, c'est à dire tous les 5 km, la route ayant été réouverte à la circulation. A l'arrivée, sur le podium, je l'ai emmenée avec moi pour la photo souvenir. Normal, elle supporte suffisamment mes "conneries".
Quelques chronos : au 42 ème km : 5h10mn, au 70ème 10h 16 mn, au 100 ème 15h 50 mn. Quelques classements : 1800 partants, 1276ème au 42ème km, 1079ème au 70 km et 1050 ème à l'arrivée, environ 1400 coureurs de classés. Quelques anecdotes : un coureur, peut-être vétéran 4, est tombé dans un grand fossé à 10 km de l'arrivée. Malgré notre aide, il était incapable de marcher droit, complètement épuisé. Les secours se sont occupés de lui. Dommage, si près du but. les 5 derniers km, je les ai parcouru avec un nordiste équipé de guirlandes, sur la tête, les bras, le torse. "J'ai voulu faire original" qu'il me dit. Il a réussi au delà de ce qu'il espérait en traversant le centre ville et passant devant des terrasses de cafés pleines de gens en goguette ce samedi soir là. Applaudissements de tous ces noctambules. Je l'ai laissé prendre quelques mètres pour qu'il tire seul le bénéfice de cette gloire. on avait la possibilité de se faire accompagner d'un cycliste qui était chargé de soigner son coureur en boissons, nourritures, etc... lui évitant ainsi des arrêts et gagner du temps. Une facilité qui ne m'a pas apparue si bénéfique que cela. Sur le chemin du retour, un grand nombre de vélos nous doublaient. La raison, qui ne m'avait pas effleurée sur l'instant, était que les coureurs, qu'ils étaient chargés d'accompagner, avaient tout simplement abandonné. Les bobos ?? une douleur au genou droit pendant bon moment et 2 petites ampoules à 2 doigts de pieds. C'est tout. Bizarrement, le lendemain, le genou droit était redevenu nickel, par contre, le gauche était douloureux. Allez comprendre !!! Pendant 2 jours, la vitesse maxi en version "marche" était de 1,5 km/h. Pas plus. Mais seulement 2 jours. Et si je le refaisait en 2010 ?? et bien non !!! Quoique... Des photos en suivant ce lien 100 km de Millau Survolez les photos avec la souris.. |
